CSE

CSE : zoom sur le Comité Social et Économique (CSE)

20 min de lecture

Le Comité social et économique (CSE) est devenu depuis le 1er janvier 2020 l’unique instance représentative du personnel. Succédant au comité d’entreprise (CE), son rôle consiste à défendre les conditions de travail des salariés, veiller à leur sécurité, leur santé et au respect du droit du travail. Comment le mettre en place dans votre entreprise, quelles sont ses missions, ses moyens et son fonctionnement ? Ce guide complet vous fournira tous les éléments dont vous avez besoin.

Qu’est-ce qu’un Comité Social et Économique (CSE) ?

Depuis les ordonnances Macron du 1er janvier 2020, les entreprises de plus de 11 salariés doivent mettre en place un Comité social et économique. Ses missions correspondent aux mêmes objectifs que toutes les anciennes instances représentatives du personnel. Cette réforme majeure vise à : 

  • centraliser les demandes des salariés ; 
  • simplifier le dialogue social ;
  • offrir une plus grande souplesse dans la gestion des budgets. 

Ainsi, la définition du CSE (Comité social et économique) par le Code du travail numérique décrit cette instance comme chargée de représenter le personnel dans les entreprises dont l’effectif atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Elle regroupe ainsi : 

  • les délégués du personnel (DP) ;
  • le comité d’entreprise (CE) ;
  • le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Initialement, le Comité social et économique n’a pas de pouvoir de négociation. Toutefois, il est prévu qu’un accord d’entreprise ou de branche lui autorise ce rôle. Dans ce cas, le CSE en entreprise prendra le nom de « conseil d’entreprise » et aura la possibilité d’intervenir sur les questions de formation des salariés ou d’égalité professionnelle par exemple, et sera compétent pour négocier, conclure et réviser les conventions et les accords d’entreprise.

Comme l’actuel comité d’entreprise, le Comité social et économique sera consulté chaque année sur les orientations stratégiques, la situation économique et financière de l’entreprise, la politique sociale de l’entreprise, et les conditions de travail et l’emploi. 

Optez pour un site Internet CSE à votre image !

Faites briller votre mandat en rendant votre CSE incontournable et accessible à tous en proposant un site moderne et intuitif avec la solution comptabilité CSE Glady.

Quel est le rôle du Comité social et économique ?

Dans les entreprises de moins de 11 salariés

La mise en place d’un Comité social et économique n’est pas prévu pour les entreprises dont l’effectif ne dépasse pas 11 salariés. L’instauration de cette instance devient obligatoire lorsque la structure compte 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.

Dans les entreprises de moins de 11 à 49 salariés

Les attributions du CSE dans les entreprises de 11 à 49 salariés portent principalement sur les réclamations individuelles ou collectives sur : 

  • les salaires ; 
  • l’application du Code du travail ; 
  • le respect des conventions et accords applicables.

L’objectif du Comité social et économique de moins de 50 salariés consiste à promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail dans le milieu professionnel. De ce fait, les élus peuvent mener des enquêtes sur les accidents du travail ou les maladies et saisir l’inspection du travail.

Lorsqu’un membre du CSE constate une atteinte aux droits des personnes, aux libertés individuelles, à la santé physique ou mentale, il peut saisir l’employeur grâce à un droit d’alerte.

Bon à savoir : les membres du Comité social et économique bénéficient d’un statut de protection contre le licenciement.

Dans les entreprises de plus de 50 salariés

En plus des missions précédentes, le Comité social et économique des structures de plus de 50 salariés présente des prérogatives supplémentaires. Ainsi, lorsque des questions d’organisation et de gestion de l’entreprise se soulèvent, le CSE est informé et consulté, notamment sur : 

  • décisions susceptibles de modifier le volume ou la structure des effectifs ; 
  • changement d’organisation économique ou juridique ; 
  • conditions d’emploi et de travail (durée de travail, formation professionnelle, etc.) ;
  • introduction de nouvelles technologies ; 
  • mesures prises concernant le maintien ou l’aménagement du poste de travail des salariés malades, accidentés, invalides ou handicapés.

Bon à savoir : lorsqu’un employeur souhaite licencier un salarié, ce dernier peut demander l’assistance du comité durant l’entretien. 

Afin d’assurer le bien-être des salariés et améliorer leur cadre de vie, le CSE négocie des avantages pour les salariés : 

  • titres restaurants ; 
  • billetterie ; 
  • chèques cadeaux ; 
  • chèques culture ; 
  • subvention cinéma ;
  • chèques vacances ; 
  • chèque emploi service universel (Cesu). 

Quels sont les moyens du Comité social et économique ? 

Pour assurer ses missions, le Comité social et économique dispose d’un local et d’un panneau d’affichage mis à sa disposition, ainsi que d’heures de délégation CSE. Pour faciliter la communication avec les salariés de l’entreprise, le Comité social et économique peut relayer les informations sur un site internet pour le CSE.

Les élus bénéficient d’une formation CSE sur la santé, la sécurité et les conditions de travail pour chaque nouveau membre, ainsi que d’une formation économique et juridique dans les entreprises d’au moins 50 salariés. Le temps passé en réunion du CSE est comptabilisé et rémunéré comme du temps de travail. 

Dans les entreprises dont l’effectif dépasse 50 salariés, le CSE dispose de moyens spécifiques : 

  • subvention de fonctionnement ; 
  • possibilité de recours à des experts ;
  • droit d’alerte étendu ;
  • constitution de commissions spécialisées.

Quand est-ce que le CSE est obligatoire ?

La création d’un Comité social et économique est obligatoire dès lors qu’une entreprise embauche 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, quelle que soit la forme juridique ou les activités de la structure. Le règlement intérieur du CSE est obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés.

Une commission santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) est créée dans les entreprises de 300 salariés et plus. Les conditions de mise en place d’une CHSCT (nombre de ses membres, modalités de leur désignation, ses missions et ses modalités de fonctionnement) sont définies par un accord collectif d’entreprise.

Comment mettre en place un CSE au sein de votre entreprise ?

Le Comité social et économique est mis en place à l’issue d’un processus électoral prévu par un protocole d’accord préélectoral conclu entre l’employeur et les organisations syndicales. 


Dès lors que l’entreprise atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, alors l’employeur doit organiser les élections des membres du comité. Ensuite, l’organisation du scrutin se déroule tous les 4 ans, sauf si un accord collectif prévoit une durée de mandat de 2 ou 3 ans. Le nombre de mandats successifs autorisés est fixé à 3, excepté pour les entreprises de moins de 50 salariés ou en cas d’accord collectif dérogatoire.


Les électeurs votent pour des listes de candidats et non pour une personne en particulier. Ce système permet aux électeurs de voter pour un programme et non pour une personne en fonction d’affection ou autre relation.


L’organisation de l'élection CSE suit plusieurs étapes : 

  • informer les salariés au moins 90 jours avant le scrutin ; 
  • inviter les organisations syndicales à négocier l’accord préélectoral ;
  • vote dans les locaux ou de manière électronique sur la base d’un scrutin de liste à deux tours ;
  • dépouillement en public pour éviter le risque de fraude ou de triche.

Bon à savoir : dans les entreprises de 11 à 20 salariés, si aucun salarié ne se présente, l’employeur n’est pas obligé d’organiser les élections. Dans ce cas, il n’y a pas de CSE dans l’entreprise.

Pour pouvoir se présenter aux élections du CSE au sein d’une entreprise, il faut réunir toutes les conditions suivantes :

  • avoir 18 ans ;
  • travailler à temps complet dans l’entreprise ;
  • ne pas faire l’objet d’une interdiction d’exercer à cause d’une condamnation ;
  • ne pas être un membre de la famille proche de l’employeur de l’entreprise ;
  • travailler dans l’entreprise depuis au moins 1 an.

Bon à savoir : la famille proche de l’employeur (enfants, parents, époux, concubins, frères, sœurs, etc.) ne peut pas prétendre à un poste au sein du CSE.

 Pour pouvoir voter aux élections du CSE, il faut respecter certaines conditions :

  • être salarié de l’entreprise ;
  • être âgé d’au moins 16 ans ;
  • travailler depuis trois mois au moins dans l’entreprise ;
  • ne pas avoir fait l’objet d’interdiction, déchéance ou incapacité relative à ses droits civiques.

Bon à savoir : le président ou l’employeur n’ont pas le droit de vote.

Comment fonctionne le CSE ?

La composition du Comité social et économique

Les membres du bureau du CSE sont désignés parmi et par les élus titulaires du comité, dès la première réunion suivant les élections professionnelles. En tant que président de l'instance, c’est l’employeur qui convoque les élus à cette première réunion du CSE pour procéder au vote.

Au-delà de ces membres obligatoires, les élus du CSE peuvent décider de désigner des adjoints et suppléants aux titulaires. Le règlement intérieur du CSE, adopté à la majorité des élus de l’instance, sert de base pour définir les rôles, les missions et les attributions précises de chacun des membres.

Le CSE comprend l’employeur et une délégation du personnel. La délégation du personnel comporte un nombre égal de titulaires et de suppléants. Le suppléant assiste aux réunions en l’absence du titulaire.

Dans les entreprises de moins de 300 salariés, le délégué syndical est membre de droit du CSE. Dans les entreprises de plus de 300 salariés, chaque organisation syndicale représentative dans l’entreprise ou l’établissement peut désigner un délégué pour siéger au sein du CSE.

L’organisation des réunions du CSE

Le nombre de réunions périodiques du CSE dépend du nombre d’employés dans l’entreprise et ne peut pas être inférieur à 6 par an. En l’absence d’accord collectif, ces rencontres auront lieu : 

  • au moins une fois par mois pour les entreprises de moins de 50 salariés ; 
  • tous les deux mois dans les structures de 50 à 299 collaborateurs ;
  • tous les mois pour les entreprises dont l’effectif dépasse 300 salariés. 

En cas d’urgence, les élus sont reçus à leur demande par l’employeur pour une réunion extraordinaire du CSE. Cela signifie que le motif justifiant la tenue de cette réunion est suffisamment grave et/ou exceptionnel pour ne pas pouvoir attendre d’être traité lors de la réunion mensuelle classique.

Bon à savoir : dans les entreprises de plus de 50 salariés, quatre réunions par an devront porter spécifiquement sur les sujets de la santé, de la sécurité et des conditions de travail. 


L’ordre du jour CSE de chaque réunion est établi par le président et le secrétaire. Cette information est ensuite communiquée aux élus du comité, à l’agent des services de prévention des organismes de Sécurité sociale et à l’agent de contrôle de l’inspection du travail, dans un délai d’au moins trois jours avant la réunion.

Les délibérations prises par le Comité social et économique sont consignées dans un procès-verbal du CSE établi par le secrétaire du comité. Ce document présente une valeur légale et peut servir de référence lors de contentieux.

Bon à savoir : à chaque réunion du comité, une personne doit rédiger un compte rendu CSE. Ce document doit réunir le nom et prénom des membres présents, la date et le lieu de la réunion, les sujets traités et la signature des membres de la réunion.


Le délit d’entrave

Le délit d’entrave CSE est encouru par les employeurs qui portent atteinte à la création, le bon fonctionnement du CSE ou du CE et/ou le bon déroulement des instances du personnel dans leur entreprise : 

  • jusqu’à 7 500 € d’amende et un an d’emprisonnement en cas d’entrave à la constitution et/ou à la libre désignation du Comité social et économique ;
  • jusqu’à 7 500 € d’amende en cas d’entrave au fonctionnement des institutions représentatives du personnel ;
  • jusqu’à 3 750 € d’amende, voire 7 500 € s’il s’agit d’un membre de la CHSCT, et un an d’emprisonnement si entrave à l’exercice du droit syndical, consultation sur le droit d’expression et rupture du contrat de travail.
La composition du CSE
Les points à retenir
  • le Comité social et économique désigne le rassemblement de toutes les instances représentatives du personnel dans une entreprise ;
  • la mise en place d’un CSE devient obligatoire lorsque l’entreprise compte 11 salariés pendant 12 mois consécutifs ;
  • le CSE a pour but d’être un intermédiaire entre la direction et les salariés, il représente les salariés dans l’entreprise ;
  • le CSE est en charge du respect du Code du travail, mais également du bien-être des salariés et de leur famille.